Depuis le 3 février 2025, le gouvernement fédéral Arizona (N-VA, MR, CD&V, Vooruit, Les Engagés, Open Vld) transforme le pays en profondeur. Pensions attaquées, charges revues à la hausse pour les ménages, cadeaux fiscaux aux patrimoines les plus gros : à chaque conseil des ministres, une nouvelle mesure passe, et à chaque élection, tout le monde a oublié.
Cette page est l’anti-mémoire courte. Elle recense, mesure par mesure, datée et sourcée, tout ce que ce gouvernement a voté ou décidé contre les travailleurs et pour les patrimoines. Chaque mesure est expliquée en langage clair, avec des chiffres, et renvoie à sa source officielle. Rien ne se perd, rien ne s’oublie, et tout se vérifie.
32 000 travailleurs du non-marchand dans la rue contre le programme de casse sociale
Le 7 novembre 2024, alors que la coalition Arizona met la dernière main à son accord de gouvernement, 32 000 travailleurs du non-marchand descendent dans la rue à l’appel des syndicats. C’est le premier grand avertissement populaire contre les coupes qui se préparent dans les pensions, le chômage et les services publics.
Soins, aides familiales, écoles, secteurs culturels : ceux qui soignent, forment et accompagnent sont les premiers visés par le programme d’austérité. Cette journée ouvre une série ininterrompue de mobilisations nationales qui n’a plus cessé depuis.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
30 000 travailleurs des services publics manifestent à Bruxelles
Le 13 janvier 2025, trois semaines avant la prestation de serment du gouvernement De Wever, 30 000 travailleurs des services publics manifestent dans la capitale contre les attaques programmées contre leurs services et leurs conditions de travail.
Guichets fermés, emplois supprimés, services dégradés : la mobilisation envoie un message clair au futur gouvernement avant même son installation. La résistance prend de l’avance sur la casse.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
250 euros nets de plus par mois pour les plus riches, 50 pour un salaire minimum
La réforme de l’impôt des personnes physiques abaisse le taux de la deuxième tranche de 40% à 35% et élargit les tranches supérieures. Les ménages du top 5% des salariés gagnent jusqu’à 250 € nets de plus par mois, soit 3 000 € par an. Un travailleur au salaire minimum ne perçoit que 50 € nets mensuels. La mesure coûte 9 milliards d’euros par an à vitesse de croisière d’ici 2029, avec un impact d’environ 1 milliard d’euros dès 2026.
Le léger gain accordé aux bas salaires se trouve rapidement absorbé par la hausse des taxes indirectes. Ce basculement fiscal profite principalement aux hauts revenus, tandis que la facture globale est reportée sur l’ensemble de la population. Le manque à gagner budgétaire est financé par l’augmentation de la TVA de 6% à 9% sur les produits de première nécessité ainsi que par des coupes sombres dans les services publics et la sécurité sociale.
15 000 euros d’économie d’impôt sur les bonus des cadres dirigeants
Le gouvernement préserve le cadre légal issu de la loi de 1999 sur les stock-options et maintient l’exonération sociale des plans de warrants. En refusant d’aligner ces bonus variables sur la fiscalité du salaire ordinaire, l’exécutif permet aux hauts responsables d’entreprise d’échapper totalement aux cotisations sociales personnelles de 13,07% et patronales de 25%. Un cadre supérieur percevant 50 000 € de bonus sous forme de warrants économise ainsi plus de 15 000 € de prélèvements sociaux et fiscaux.
Ce régime d’exception constitue une dépense fiscale ciblée au profit des hauts dirigeants et des multinationales. Il prive les caisses publiques d’environ 350 millions d’euros par an pour la sécurité sociale. La perte de recettes est compensée par l’effort fiscal imposé aux salariés ordinaires dont l’intégralité de la rémunération reste soumise au barème progressif de l’impôt et aux cotisations sociales de droit commun.
Exonération quasi totale des droits de succession pour les grands patrimoines
L’accord de gouvernement garantit le maintien du régime préférentiel d’exemption des droits de succession et de donation lors de la transmission des sociétés familiales et PME d’envergure. Grâce à des taux réduits fixés entre 0% et 3%, les familles héritant d’entreprises et de patrimoines professionnels évalués à des dizaines ou centaines de millions d’euros échappent au tarif ordinaire des successions, lequel peut atteindre 30% à 50% sur le patrimoine général. Ce mécanisme préserve l’intégralité des grandes fortunes professionnelles.
Cette sécurité fiscale protège le capital des multimillionnaires sans exiger de contrepartie en matière d’emploi ou d’investissement. L’exemption représente un manque à gagner budgétaire de plusieurs centaines de millions d’euros par an. En conséquence, la fiscalité successorale repose principalement sur la classe moyenne et les ménages travailleurs qui paient le plein tarif sur l’héritage du simple logement familial.
Source : Forum for the Future ; PTB
Cotisations sociales plafonnées pour les très hauts revenus indépendants
L’accord de gouvernement maintient le plafonnement absolu des cotisations sociales des travailleurs indépendants et des professions libérales à un maximum d’environ 18 000 € par an. Ce plafond dégressif permet à un avocat d’affaires, un consultant ou un médecin spécialiste gagnant 300 000 € par an de ne payer que 6% de cotisations sociales effectives sur son revenu net. En comparaison, un travailleur salarié supporte un taux linéaire de 13,07% de cotisations personnelles augmenté de 25% de cotisations patronales.
Ce plafonnement procure un avantage financier aux hauts revenus de l’indépendance et aux sociétés de conseil. Il engendre une perte de recettes annuelle estimée à plus de 250 millions d’euros pour le statut social des indépendants et la sécurité sociale. Ce déficit est comblé par la fiscalité générale et l’austérité imposée aux services publics sollicités par l’ensemble des citoyens.
Source : De Pauw & Associés ; PTB
Abandon des taxes sur les surprofits énergétiques et accises modérées pour l’industrie
L’accord fédéral met fin aux prélèvements exceptionnels de solidarité sur les surprofits des producteurs d’électricité comme Engie Electrabel et maintient des accises très bas basées sur la consommation d’énergie des grands groupes industriels. Alors que les entreprises de l’énergie ont accumulé des bénéfices extraordinaires, cette mesure abandonne toute contribution exceptionnelle du secteur et préserve la compétitivité des géants industriels. Le manque à gagner annuel pour les finances publiques est évalué à environ 600 millions d’euros.
En exonérant les multinationales de l’énergie de leur devoir de solidarité, le gouvernement fait porter la transition budgétaire sur les personnes physiques. Le manque à gagner est directement compensé par le tax shift énergétique, qui entraîne une augmentation des factures d’électricité et d’énergie fossile pour les ménages ordinaires et les travailleurs.
Source : PTB ; Revue Politique
Suppression du quotient conjugal, 125 euros nets en moins par mois pour 500 000 ménages
Le gouvernement décide l’extinction progressive du quotient conjugal à l’impôt des personnes physiques. Ce mécanisme fiscal permettait de transférer une partie des revenus du conjoint au travail vers celui qui n’a pas de revenus propres ou dispose d’un faible revenu. La suppression de cet avantage touche directement 500 000 ménages modestes ou à revenu unique, entraînant une perte financière moyenne de 125 € nets par mois, soit 1 500 € par an et par foyer.
Le calendrier est arrêté. Votée à la Chambre le 10 juillet 2026 dans la première partie de la réforme fiscale, la mesure prend ses effets à partir des revenus de 2026, imposés en 2027 : le plafond de l’avantage tombe de 13 460 à 11 780 euros, puis à 10 110, 8 420 et 6 730 euros jusqu’aux revenus 2029, soit un avantage divisé par deux pour les couples actifs. L’indexation des plafonds est gelée dès l’exercice 2027 et l’érosion continue en valeur réelle. Seuls les couples déjà pensionnés obtiennent un régime transitoire, avec une suppression complète repoussée à l’exercice 2046. Au total, l’État prélève 500 millions d’euros supplémentaires par an sur les travailleurs, qui comblent les manques à gagner des cadeaux fiscaux au capital et aux grandes entreprises.
Source : PTB ; OECCBB, calendrier des plafonds ; Le Soir, vote du 10 juillet 2026
Jusqu’à 15 000 euros d’impôt évités sur les dividendes grâce au régime VVPR-bis
Le gouvernement pérennise le régime fiscal VVPR-bis, permettant aux dirigeants et actionnaires de PME de distribuer leurs bénéfices sous forme de dividendes imposés à un précompte mobilier réduit de 15% à 18%. Ce tarif privilégié s’oppose au taux standard de 30% ou aux tranches supérieures de l’impôt des personnes physiques grimpant à 50%. Ainsi, un dirigeant de société qui distribue 100 000 € de dividendes économise entre 12 000 € et 15 000 € d’impôts par rapport à une rémunération en salaire.
Ce dispositif d’optimisation fiscale encourage l’auto-remunération en capital au détriment des salaires soumis aux cotisations sociales. La dépense fiscale et le manque à gagner annuel pour le Trésor public dépassent 450 millions d’euros. Cette perte de recettes publiques est compensée par les impôts directs prélevés sur les rémunérations du travail de la classe moyenne.
Source : OECCBB ; Trends-Tendances
Des milliers d’euros d’économies d’impôt sur les pensions privées des hauts revenus
Le gouvernement relève les plafonds d’exonération et de déductibilité fiscale pour l’épargne-pension individuelle du 3e pilier et pour l’Engagement Individuel de Pension du 2e pilier réservé aux dirigeants d’entreprise. Les contribuables à hauts revenus bénéficient d’une réduction d’impôt de 30% au-delà du plafond ordinaire de 1 020 €, tandis que les chefs d’entreprise peuvent déduire des dizaines de milliers d’euros via leur société. Un dirigeant maximisant son contrat EIP réduit ses impôts de plusieurs milliers d’euros par an.
Ce subventionnement fiscal favorise l’épargne privée des contribuables les plus aisés et alimente les bénéfices des gestionnaires de fonds de pension. La dépense fiscale supplémentaire coûte 150 millions d’euros par an à l’État. Cet avantage assèche le financement de la pension légale publique par répartition, au détriment des travailleurs comptant sur la solidarité nationale.
Source : PTB ; Forum for the Future
Taxe sur les comptes-titres bloquée à 0,15 pour cent et exemption totale du capital non coté
Le gouvernement refuse d’augmenter le taux de la Taxe Annuelle sur les Comptes-Titres, maintenu au niveau symbolique de 0,15% sur les comptes d’au moins 1 million d’euros, et continue d’exclure les actions non cotées en bourse. Par conséquent, un investisseur détenant 10 millions d’euros en portefeuille boursier ne paie que 15 000 € par an, tandis qu’un fortune possédant 100 millions d’euros à travers un holding privé paie 0 € d’impôt sur son patrimoine.
Cette formule fiscale protège les super-riches et les grandes familles détentrices de holdings familiales d’investissement. En rejetant la proposition du PTB d’instaurer une taxe sur la fortune rapportant 8 milliards d’euros, l’exécutif crée un trou budgétaire comblé par l’austérité dans les services publics et le renoncement aux investissements sociaux essentiels pour la collectivité.
Refus de taxer les surprofits bancaires, des milliards d’euros préservés pour les actionnaires
Le gouvernement refuse catégoriquement d’instaurer une taxe sur les surprofits du secteur bancaire et gèle les contributions financières sectorielles. Alors que BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius et ING enregistrent des bénéfices records grâce au décalage entre les taux d’intérêt sur les crédits et l’épargne, l’exécutif choisit d’épargner les grands groupes bancaires. Ce refus d’imposer les super-profits laisse un manque à gagner fiscal direct évalué entre 1 milliard et 1,5 milliard d’euros pour le budget de l’État.
Les établissements financiers conservent l’intégralité de leurs bénéfices exceptionnels afin d’alimenter les super-dividendes versés à leurs actionnaires. Au lieu de solliciter ce secteur florissant pour équilibrer les comptes publics, le gouvernement transfère la charge budgétaire sur la population au moyen de restrictions dans la sécurité sociale et les services publics.
100 000 personnes à Bruxelles contre la casse sociale
Dix jours après l’installation du gouvernement Arizona, 100 000 personnes de tous les secteurs, de toutes les générations, du monde syndical et associatif se mobilisent contre la casse sociale annoncée.
Pensions, pouvoir d’achat, services publics : la réponse populaire arrive avant même les premiers votes parlementaires. Le rapport de force est posé d’emblée.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Première grève générale
Le 31 mars 2025, la première grève générale de la législature paralyse le pays. À l’appel des syndicats interprofessionnels, les travailleurs stoppent les trains, les écoles, les administrations et une large partie de l’économie.
Deux mois après la prestation de serment, le monde du travail impose sa réponse au pacte de gouvernement. La grève générale devient l’outil central d’une résistance qui s’installe dans la durée.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Actions décentralisées dans tout le pays
Le 29 avril 2025, des actions décentralisées sont organisées dans tout le pays : piquets de grève, rassemblements et blocages dans les entreprises, les écoles et les administrations.
Après les grandes manifestations bruxelloises, la mobilisation montre qu’elle est ancrée partout, dans chaque localité et chaque lieu de travail.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Plus de 30 000 travailleurs du non-marchand manifestent à nouveau
Le 22 mai 2025, plus de 30 000 travailleurs du non-marchand manifestent à nouveau à Bruxelles, quelques semaines après le lancement de la réforme des pensions au parlement.
Le secteur non-marchand, première cible des coupes budgétaires, reste à la pointe du combat et confirme l’unité du Front commun syndical.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Plus de 40 000 personnes à Bruxelles malgré un rassemblement limité
Le 25 juin 2025, ce qui devait être un rassemblement limité devient une grande manifestation de plus de 40 000 personnes à Bruxelles, à l’appel du Front commun syndical.
La colère déborde les cadres prévus et oblige le pouvoir à mesurer l’ampleur du rejet de sa politique. À mi-course de sa première année, le gouvernement Arizona affronte une opposition populaire continue.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Jusqu’à 30 000 euros de cadeau fiscal net par an pour les cadres étrangers
La loi-programme réforme et assouplit le régime spécial d’imposition ciblant les cadres et chercheurs étrangers impatriés en abaissant les seuils de rémunération minimale exigés. Les bénéficiaires profitent d’une exonération d’impôt nette sur 30% de leur rémunération totale, dans la limite d’un plafond annuel de 90 000 €. Ce dispositif procure aux cadres dirigeants concernés un avantage fiscal direct compris entre 15 000 € et 30 000 € net par an.
Ce régime préférentiel offre une fiscalité réduite aux hauts dirigeants de multinationales installés en Belgique. Il engendre une perte de recettes directes estimée à 180 millions d’euros par an pour le Trésor public. Ce privilège accordé aux hauts revenus est compensé par les contribuables résidents soumis au barème ordinaire et progressif de l’impôt des personnes physiques.
Source : L’Écho ; Chambre des Représentants
Valider une année de carrière pour la pension ? Désormais 6 mois de travail requis
Votée dans la loi-programme du 18 juillet 2025, cette mesure relève le seuil nécessaire pour comptabiliser une année de carrière en vue de la pension anticipée. Désormais, un salarié doit accomplir au moins 6 mois de travail effectif (soit 234 jours) par an, contre 4 mois auparavant. Un jeune qui commence à travailler en septembre après ses études ne voit plus ses 4 premiers mois comptés comme une année complète.
Ce durcissement frappe de plein fouet les jeunes qui accèdent à l’emploi, les travailleurs saisonniers, les intérimaires et les salariés aux parcours précaires. Pour l’État, le gain réside dans le recul forcé de l’âge de départ effectif à la retraite. Les travailleurs devront accomplir au moins une année de travail supplémentaire au cours de leur vie pour ouvrir leurs droits à la pension anticipée.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB
Heures supplémentaires sans sursalaire : des semaines de 45 heures imposées
Votée dans la loi-programme du 18 juillet 2025, la réforme relève les plafonds d’heures supplémentaires et permet l’annualisation du temps de travail. Les employeurs peuvent désormais imposer aux salariés jusqu’à 240 heures supplémentaires par an, et même jusqu’à 360 heures via l’annualisation. Cette flexibilisation s’effectue sans besoin d’un accord syndical en convention collective et sans paiement du sursalaire légal habituel de 50 % ou 100 %.
Les travailleurs subissent une intensité de travail accrue avec des semaines pouvant atteindre 45 heures de travail sans récupération ni compensation financière adéquate. Les patronats et les entreprises réalisent des gains importants en disposant d’une main-d’œuvre flexible à moindre coût. Cette mesure détériore gravement la santé des salariés et l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB
Travail de nuit dans le commerce : la fin des primes entre 20h et minuit
Votée dans la loi-programme du 18 juillet 2025, cette disposition modifie la définition légale de la plage nocturne dans le commerce électronique et la distribution. Le début officiel du travail de nuit est repoussé de 20h00 à minuit. En conséquence, toutes les heures prestées par le personnel entre 20h00 et minuit ne donnent plus droit aux primes de nuit conventionnelles prévues par les conventions collectives.
Les magasiniers, les préparateurs de commandes et l’ensemble des salariés du commerce subissent une perte nette directe sur leur fiche de paie mensuelle. De leur côté, les géants de la distribution et de la vente en ligne économisent sur la masse salariale en exploitant des horaires tardifs sans surcoût. Cette décision favorise la précarisation du secteur de la logistique et de la vente.
Source : Extension du travail de nuit sur le dos des travailleurs et des travailleuses, FGTB ; Les 12 mesures Arizona, PTB
Grande manifestation nationale pour le climat
Le 5 octobre 2025, la grande manifestation nationale pour le climat traverse Bruxelles, quelques jours avant les grandes journées sociales de l’automne.
Elle témoigne d’une mobilisation citoyenne massive sur tous les fronts, dans les mêmes mois que les grandes journées syndicales contre la casse sociale.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
140 000 personnes contre le malus et le vol des pensions
Le 14 octobre 2025, 140 000 personnes défilent à Bruxelles contre le malus pension et la réforme qui attaque le droit à une pension décente pour tous les travailleurs.
C’est la plus grande manifestation nationale depuis le début de la législature. La mobilisation contre la réforme des pensions atteint son sommet, quelques mois avant le vote final de la loi.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Pensions communales : une surtaxe de 506 millions d’euros qui asphyxie les communes
Présentée à l’automne 2025 dans l’accord budgétaire 2025-2026, la majoration de la cotisation de responsabilisation sur les pensions statutaires locales fait exploser la facture des pouvoirs locaux. La facture globale payée par les communes, les CPAS et les zones de police pour les pensions de leurs anciens agents passe de 319 millions d’euros en 2025 à 506 millions d’euros prévus d’ici 2031, soit une hausse de 60 %.
Cette surcharge financière étouffe les budgets communaux comme celui de la ville d’Ath. Pour financer cette hausse imposée par l’État fédéral, les pouvoirs locaux sont contraints de geler les engagements de personnel ou de sabrer dans les services publics de proximité. Le pouvoir fédéral se décharge financièrement sur les contribuables locaux et l’ensemble des citoyens athois.
Trois jours de grèves puis deuxième grève générale
Les 23, 24 et 25 novembre 2025, actions, mobilisations et grèves se succèdent partout dans le pays, jusqu’à la deuxième grève générale du 26 novembre.
En moins d’un an, le monde du travail impose deux grèves générales au gouvernement Arizona. La résistance s’installe dans la durée et une nouvelle génération militante prend place dans les cortèges.
Source : Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Pensions du secteur public : jusqu’à 30 % de perte sur les retraites des fonctionnaires
Concrétisée lors de l’accord budgétaire du 24 novembre 2025 après son annonce en février 2025, la réforme supprime le calcul de la pension des fonctionnaires statutaires sur les 10 dernières années de traitement. Le gouvernement impose d’aligner le calcul sur l’ensemble des 45 ans de carrière. Ce changement entraîne une chute sèche de 20 % à 30 % sur le montant net des futures retraites publiques.
Le montant net moyen des fonctionnaires s’aligne progressivement vers la moyenne du secteur privé, tombant à 1 467 € nets contre 2 000 € à 2 200 € actuellement. Les agents statutaires des services publics (enseignants, policiers, pompiers, agents communaux) paient cash cette mesure. Le gouvernement fédéral et les caisses publiques réalisent ainsi de lourdes économies sur le dos des services publics.
Source : Le gouvernement fédéral élimine définitivement la pension des fonctionnaires, SLFP ; Les 12 mesures Arizona, PTB
Plan d’austérité fédéral : 22 milliards d’euros de coupes dans les services publics
Initiations lors de l’accord de gouvernement du 3 février 2025 et formalisé lors du vote du budget 2026 le 28 novembre 2025, le plan d’assainissement budgétaire 2025-2029 impose 22 milliards d’euros de coupes sombres. Tous les grands secteurs publics sont touchés : les administrations, les transports ferroviaires, la justice, l’enseignement et les services locaux. Cette politique entraîne le non-remplacement de milliers d’agents publics.
Les usagers des services publics et le personnel du secteur public subissent de plein fouet la détérioration de la qualité des services de proximité et des conditions de travail. De leur côté, les marchés financiers et la Commission européenne se félicitent du respect strict des règles budgétaires. La population paye le prix fort pour combler les déficits fédéraux sans contribution équitable du capital.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB ; Déclarations budgétaires Arizona, Le Soir
Des milliards pour les armements militaires financés par la casse sociale
Votée lors de l’adoption du budget 2026 le 28 novembre 2025 sous l’impulsion du ministre Theo Francken, la trajectoire budgétaire de la Défense augmente massivement pour atteindre 2 % du PIB. L’État consacre des milliards d’euros à l’achat d’avions de chasse F-35 et de matériels lourds, pendant que les budgets de la santé, des pensions et du chômage subissent des coupes drastiques.
La population paie cette priorité budgétaire par la dégradation des services sociaux essentiels et le recul des droits sociaux. Les grands gagnants de cette militarisation sont les entreprises du complexe militaro-industriel américain et européen. Ces investissements massifs s’effectuent directement aux dépens des besoins prioritaires des citoyens et des travailleurs qui voient leurs protections sociales amputées.
Source : Factcheck : Oui, votre politique de militarisation mène à la casse sociale, PTB ; Les 12 mesures Arizona, PTB
Plus de 1 milliard d’euros abandonné au secteur biopharmaceutique via le précompte
Le projet de loi-programme préserve la dispense partielle de versement du précompte professionnel à hauteur de 85% pour les chercheurs occupés en entreprise. Ce mécanisme permet aux multinationales pharmaceutiques et technologiques de retenir l’impôt sur le salaire de leurs chercheurs, mais de ne reverser que 15% du montant prélevé au Trésor public, conservant 85% dans leurs fonds propres. Les géants du secteur perçoivent ainsi des subventions fiscales directes atteignant des dizaines de millions d’euros par groupe.
Cette niche fiscale massive offre un soutien financier aux multinationales du biopharma sans garantie contraignante sur l’emploi ou les prix des médicaments. Elle constitue une dépense fiscale coûteuse de plus de 1 milliard d’euros par an en recettes d’impôt abandonnées par l’État, qui reporte ce manque à gagner sur les ménages et les salariés ordinaires.
Source : L’Écho ; Chambre des Représentants
Limitation du chômage à 2 ans : 126 826 personnes exclues dès le 1er janvier 2026
Votée dans la loi-programme du 18 juillet 2025 portée par le ministre David Clarinval, la réforme de l’assurance-chômage limite l’indemnisation à 24 mois cumulés sur 10 ans pour les allocataires de moins de 55 ans. Dès le 1er janvier 2026, 126 826 chômeurs de longue durée sont brutalement exclus du système ONEM, subissant une perte directe de 900 € à 1 400 € d’allocations mensuelles par personne ex-allocataire.
Les chômeurs seniors, les femmes et les habitants des régions sinistrées sont rejetés vers les CPAS et la pauvreté extrême. La Cour constitutionnelle a été saisie par les syndicats contre ce texte destructeur. L’ONEM et le Trésor fédéral économisent plus d’un milliard d’euros, tandis que les patrons disposent d’une main-d’œuvre acculée à accepter des emplois précaires sous-payés.
Source : Réforme des allocations de chômage : que vont devenir les personnes exclues ?, RTBF ; Arizona : comprendre la limitation des allocations de chômage deux ans en dix, Le Soir ; Limitation dans le temps des allocations de chômage, qui sera exclu et quand, RTBF ; Le gouvernement Arizona a décidé de la limitation des allocations de chômage, FGTB
Indexation des salaires manipulée : jusqu’à 500 euros de perte pour un ménage
Adopté dans les lois-programmes du 28 mai et du 18 juillet 2025, puis mis en application le 1er janvier 2026, le lissage des tranches d’indexation automatique modifie le calcul de l’Indice Santé. Le gouvernement plafonne la répercussion de l’indexation sur les salaires moyens, provoquant une sous-indexation nette d’environ 1,2 % sur l’année 2026 par rapport à l’inflation réelle des prix à la consommation.
Pour un ménage percevant un salaire net de 2 200 €, cette manipulation entraîne une perte irrécupérable de pouvoir d’achat de 300 € à 500 € par an face au coût de la vie. Les salariés et les allocataires sociaux financent ce manque à gagner, tandis que les employeurs privés et publics réalisent d’importantes économies sur leur masse salariale brute.
Source : Réforme des pensions, indexation plafonnée… La loi-programme de l’Arizona adoptée à la Chambre, RTBF ; Guide et fiches FGTB ; Indexation des salaires, TVA… l’Arizona a trouvé un accord budgétaire, Le Soir ; TVA, indexation des salaires… voici l’accord budgétaire du gouvernement De Wever, RTBF
Pensions publiques : la péréquation plafonnée amputera les retraites de 300 euros
Entrée en vigueur le 1er janvier 2026 suite au vote de la loi-programme du 18 décembre 2025, la réforme plafonne la péréquation des pensions du secteur public à un maximum strict de 0,3 % par an. Ce mécanisme liait historiquement l’évolution des pensions des retraités à la hausse des salaires des fonctionnaires actifs. De plus, le calcul du tantième pour la pension complète statutaire est nettement durci.
Les anciens enseignants, les agents communaux et les agents ferroviaires à la retraite subissent une perte directe de 150 € à 300 € bruts par mois par rapport à l’ancien système. Les retraités du secteur public paient directement ce coup de rabot. En contrepartie, les caisses de l’État fédéral et des communes réduisent leurs charges financières au détriment des anciens serviteurs publics.
Source : Réformes du gouvernement Arizona : quels changements dès janvier 2026 ou plus tard ?, RTBF ; Quels sont les plans du gouvernement Arizona pour nos pensions ?, PTB
Généralisation des flexi-jobs : précarisation accrue et droits sociaux amputés
Adoptée par le Parlement le 15 janvier 2026, la loi étend le dispositif des flexi-jobs aux services du tertiaire, à la grande distribution et au secteur public non médical. Ce système applique une cotisation patronale réduite de 28 %, exemptant le travailleur d’impôts et de cotisations sociales ordinaires. En contrepartie, ces heures prestées ne génèrent aucun droit à la pension, aux congés payés ni au chômage.
Cette mesure détruit les emplois stables à temps plein au profit de contrats fragmentés et précarise les salariés tout en asséchant la Sécurité sociale. Les employeurs des services et du commerce sont les grands gagnants en profitant d’un volant de main-d’œuvre flexible à très bas coût. Les travailleurs réguliers subissent une pression directe sur leurs conditions d’embauche et leurs salaires.
Source : Pour la FGTB, la flexibilisation tous azimuts du travail se fait sans protection, Le Soir
Chasse aux malades de longue durée : 218 000 personnes visées par des sanctions
Préparé au printemps 2025 et voté en décembre 2025 sous l’impulsion du ministre Frank Vandenbroucke, le plan « Retour au travail » entre en vigueur le 1er février 2026. Cible de 218 000 malades de longue durée, le gouvernement vise à couper les indemnités de 100 000 personnes. Tout rendez-vous manqué ou refus du parcours forcé entraîne une sanction automatique de 10 %, soit 120 € à 180 € de perte mensuelle.
Les médecins généralistes sont contraints de remplir une « note d’aptitude », les transformant en contrôleurs. Les entreprises enregistrant trop d’invalides sont pénalisées, incitant au licenciement des malades chroniques. Les 500 000 personnes en incapacité paient cher cette réforme. Le gouvernement vise 1,9 milliard d’euros d’économies sur le budget INAMI aux dépens des personnes souffrantes.
Source : Avec Bouchez et De Wever, on sera plus malade et plus précaire : la preuve en 4 points, PTB ; Le gouvernement Arizona poursuit sa politique de « retour au travail », RTL ; Santé : une nouvelle salve de mesures validées à la Chambre, Le Soir ; Accord du gouvernement De Wever sur la Santé : focus sur les malades de longue durée, RTBF
Malus pension : jusqu’à 404 euros nets de moins par mois pour les départs anticipés
Annoncé le 3 février 2025 et acté le 18 juillet 2025 par le ministre Jan Jambon, le malus pension a été définitivement voté à la Chambre le 13 février 2026. Pour éviter cette pénalité financière, le gouvernement exige désormais entre 35 et 42 ans de carrière effective. Les personnes partant à la retraite anticipée subissent une réfaction permanente de 5 % par année d’anticipation.
Pour un salarié partant à 63 ans, la baisse s’élève à 100-250 € bruts et peut atteindre 404 € nets de moins par mois. Les travailleurs usés aux métiers pénibles et les femmes aux carrières hachées paient le prix fort. De son côté, le gouvernement cible 2,4 milliards d’euros d’économies annuelles d’ici 2029 en forçant le maintien au travail des salariés fatigués.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB ; Budget fédéral : le gouvernement parvient également à un accord sur la réforme des pensions, RTBF ; La Chambre adopte la réforme des pensions, un des chantiers phares de la coalition Arizona, RTBF ; Tableau récapitulatif des mesures de l’Arizona contre nos pensions, PTB
Blocage des salaires maintenu : 0 % de hausse brute réelle jusqu’en 2027
Inscrit dans l’accord de gouvernement de février 2025 et reconduit dans la loi-programme, le blocage des salaires réels a été verrouillé le 15 février 2026. En appliquant strictement la loi de 1996/2017 sur la norme salariale, le gouvernement fixe la marge maximale d’augmentation interprofessionnelle à 0,0 % pour l’accord 2025-2026. Toute négociation syndicale d’augmentation brute au-delà de l’indexation reste strictement interdite.
3 millions de salariés du secteur privé subissent un gel de leur pouvoir d’achat et une stagnation de leur niveau de vie. À l’opposé, les grandes entreprises cotées en bourse préservent leurs marges après avoir versé 6,4 milliards d’euros de dividendes en 2025. Les fédérations patronales l’emportent totalement face aux revendications d’augmentation des salaires réels portées par le monde du travail.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB ; Selon la FGTB, il y a encore de la marge pour une augmentation des salaires, Le Soir
Prépensions et crédits-temps sabordés : fin des dérogations pour travaux pénibles
Annoncée en février 2025, confirmée dans la loi-programme du 18 juillet 2025 et scellée par l’arrêté royal du 28 février 2026, la réforme supprime l’accès dérogatoire au RCC dès 60 ans pour les métiers pénibles. L’âge d’accès est porté à 62 ans avec 40 ans de carrière. Dans le secteur public, le personnel roulant SNCB, les militaires, policiers et pompiers perdent leurs bonifications et doivent valider 45 ans de carrière.
En parallèle, les crédits-temps de fin de carrière à partir de 55 ans perdent leur assimilation pour la pension. Un salarié de 58 ans usé ou licencié lors d’un plan social perd ses droits et doit retourner au travail sous peine de déchéance. Les travailleurs exécutant des tâches lourdes paient le prix fort, pendant que le Trésor public réduit ses dépenses sociales de manière brutale.
Source : Les 12 mesures Arizona que vous devez connaître, PTB ; Réformes du gouvernement Arizona : quels changements dès janvier 2026 ou plus tard ?, RTBF
Chute accélérée du chômage et suppression de l’allocation d’insertion jeunes
Votée dans la loi-programme du 18 juillet 2025 et appliquée le 1er mars 2026, la réforme accélère la baisse des allocations de chômage dès le 3ème mois d’inoccupation. L’indemnité chute de 65 % à 40 % du dernier salaire brut au cours des 12 premiers mois, amputant les montants de 15 % à 35 %. De plus, l’allocation d’insertion pour les jeunes diplômés sans emploi est définitivement supprimée.
Les demandeurs d’emploi perdent de 150 € à 350 € par mois dès la deuxième période, subissant une chute brutale de leurs revenus de remplacement. Les jeunes qui sortent des études sont privés de tout revenu propre et retombent à la charge complète de leurs parents. L’ONEM et l’État fédéral réalisent ainsi des coupes directes sur le dos des familles frappées par la précarité.
Source : Réformes du gouvernement Arizona : quels changements dès janvier 2026 ou plus tard, RTBF ; Limiter les allocations de chômage dans le temps : une décision absurde pour la CSC, RTBF ; Demandeurs d’emploi : Quels seront les impacts pour les demandeurs d’emploi ?, CSC
100 000 manifestants à Bruxelles contre la casse des pensions et du chômage
Le 12 mars 2026, 100 000 travailleurs, chômeurs et retraités ont défilé à Bruxelles à l’appel du Front commun syndical (FGTB et CSC). Les manifestants ont exigé le retrait du malus pension et la fin de la limitation du chômage à 2 ans. De nombreuses grèves ont paralysé le réseau ferroviaire, les transports urbains et les administrations locales tout au long de la journée.
Face à la puissance de la mobilisation et au blocage des transports, le gouvernement De Wever a été contraint de concéder des aménagements temporaires sur l’application du malus pension. Cette journée de mobilisation victorieuse démontre la capacité de résistance du monde du travail et renforce le rapport de force des salariés face aux mesures d’austérité.
Source : Une nouvelle manifestation nationale ce jeudi 12 mars pour contester les réformes du gouvernement, RTBF ; Manifestation nationale le 12 mars 2026, FGTB ; Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Soins de santé : coupes de 1,9 milliard d’euros et déremboursements massifs
Adopté lors du budget de novembre 2025 et ajusté le 15 mars 2026, l’abaissement de la norme de croissance du budget de l’INAMI fixe le plafond à seulement 1,5 %, contre 2,5 % sous la législature précédente. Cette austérité médicale orchestre une coupe de 1,9 milliard d’euros au total, dont plus de 600 millions d’euros supprimés immédiatement dès l’année 2026 sur les soins de santé.
Cette mesure provoque le déremboursement de plusieurs médicaments courants (anti-inflammatoires, soins dermatologiques), la hausse des tickets modérateurs et le gel d’investissements dans les hôpitaux et maisons de repos. Les patients, les personnes âgées et le personnel soignant subissent ce manque de moyens, pendant que le gouvernement réduit le déficit budgétaire sur le dos des malades et des personnes vulnérables.
Source : Écho FGTB ; Chômage, pensions, santé, défense : De Wever obtient un accord, RTBF ; Accord du gouvernement De Wever sur la Santé : norme de croissance…, RTBF
Cadeaux fiscaux aux entreprises et hauts revenus, plus de 600 millions par an
La loi de relance et de compétitivité maintient le taux réduit d’impôt des sociétés à 20% sur la première tranche de 100 000 € de bénéfice imposable et élargit la déduction pour investissement vert, numérique et d’innovation avec des taux majorés de 20% à 30%. Ce texte assouplit également la taxation des plus-values financières en accordant une franchise de 100 000 € et des réductions pour la tranche supérieure de l’impôt. Le coût budgétaire global dépasse 600 millions d’euros par an.
Ces allègements fiscaux profitent aux sociétés de management, aux PME aisées et aux grands investisseurs qui réduisent fortement leur base imposable et économisent des dizaines de milliers d’euros d’impôts par an. Ce cadeau au secteur privé réduit les recettes centrales de l’État, contraignant l’exécutif à limiter les dotations publiques et les budgets sociaux.
Source : De Pauw & Associés ; PTB
Hausse de la TVA de 6 % à 9 % : 300 euros de surtaxe annuelle sur l’alimentation
En vigueur le 1er avril 2026, la réforme fiscale de la TVA fait passer le taux réduit de 6 % à 9 % sur de nombreux produits et services quotidiens. Cette augmentation s’applique à l’alimentation transformée, aux travaux de rénovation énergétique des logements de plus de 10 ans, à la culture et à divers services essentiels. Pour une famille de 4 personnes, cette surtaxe représente un surcoût moyen de 300 € par an.
Les ménages populaires et les classes moyennes sont directement pénalisés par cette hausse de taxe qui frappe la consommation courante. À l’inverse, l’État fédéral engrange plus de 1,1 milliard d’euros de recettes fiscales supplémentaires sur le dos des consommateurs. Cette mesure injuste renchérit les dépenses obligatoires des familles à chaque passage en caisse sans cibler les revenus du capital.
Source : Comment l’Arizona peut se sortir du bourbier TVA, Le Vif ; Indexation des salaires, TVA… l’Arizona a trouvé un accord budgétaire, Le Soir
Factures d’énergie : jusqu’à 1 200 euros de hausse par ménage
Appliquée dès le 1er avril 2026, la révision des grilles tarifaires supprime le tarif social élargi pour plus de 100 000 ménages à revenus modestes (invalidité légère, petits allocataires). Dans le même temps, le gouvernement réactive le mécanisme de cliquet sur les accises de l’électricité et du gaz, augmentant le prélèvement dès que les prix de gros baissent sur les marchés.
Pour les ménages exclus du tarif social, la facture énergétique annuelle s’envole de 700 € à 1 200 € par an, aggravant la précarité énergétique à l’approche du froid. Les consommateurs ordinaires financent ainsi des taxes renforcées. De son côté, l’État enregistre de fortes recettes d’accises tandis que les fournisseurs d’énergie revendent leur électricité au plein prix du marché.
Source : Flambée des prix de l’énergie : le gouvernement Arizona débloque 80 millions d’euros sur trois mois…, RTBF ; Crise énergétique : à qui vont profiter les aides de l’Arizona ?, Le Soir
Fausse taxe sur les plus-values, 4 milliards d’euros d’exonération préservés pour les holdings
La Chambre adopte en première lecture la taxe de 10% sur les plus-values d’actifs financiers ciblée sur les personnes physiques, avec une franchise de 10 000 € et jusqu’à 1 million d’euros d’exonération pour les participations d’au moins 20%. Présentée comme un geste d’équité fiscale, la taxe est vidée de sa substance. Le rendement annuel annoncé par le gouvernement à 500 millions d’euros est réévalué à moins de 150 millions d’euros par la Cour des comptes et le PTB.
Les super-riches et grands propriétaires gérant leurs titres via des holdings, comme les familles De Spoelberch, Pacquot et De Raedt, continuent de bénéficier d’une exonération à 100% grâce au maintien de la déduction RDT. Cette niche préserve plus de 4 milliards d’euros par an non perçus sur les grandes fortunes, alors que plus de 90% de l’effort d’austérité de 22 milliards d’euros retombe sur les travailleurs et allocataires.
Mobilisation syndicale massive contre le blocage salarial et la hausse de la TVA
Le 12 mai 2026, 75 000 manifestants se sont rassemblés dans les rues de Bruxelles pour l’action nationale organisée par le Front commun FGTB et CSC. Les cortèges ont exigé l’abrogation de la loi de 1996 sur le blocage des salaires et le retrait de la hausse du taux de TVA de 6 % à 9 % sur les biens de première nécessité.
Les travailleurs ont exprimé leur exaspération face à la baisse de leur pouvoir d’achat et à l’explosion des bénéfices des multinationales. Cette mobilisation a renforcé l’unité syndicale et la détermination des salariés face à la politique patronale du gouvernement Arizona, affirmant la volonté de défendre les salaires nets et la justice fiscale.
Source : Les syndicats manifesteront à nouveau le 12 mai, Le Soir ; 12 MAI : MANIFESTATION NATIONALE, FGTB ; Dix-neuf mois de lutte : neuf brèches, une nouvelle génération, et la lutte continue, PTB
Exclusions du chômage et service communautaire : le piège de la pauvreté aux CPAS
Acté à l’automne 2025 et concrétisé par le vote de la loi sur l’action sociale le 14 mai 2026, le transfert des chômeurs exclus vers le Revenu d’Intégration Sociale (RIS) asphyxie les CPAS communaux. À Ath comme dans les communes wallonnes, l’afflux de milliers de personnes privées d’allocations fait exploser les dépenses d’aide sociale sans compensation fédérale intégrale.
Pour freiner ces coûts, l’Arizona impose un service communautaire obligatoire non rémunéré aux allocataires du RIS. En cas de refus d’une prestation imposée, la personne perd son allocation de subsistance de 1 200 € par mois. Les bénéficiaires et les finances communales subissent ce chantage, pendant que le gouvernement fédéral se décharge de ses responsabilités sur les pouvoirs locaux.
Fin des bonifications de pénibilité et suppression de la pension d’inaptitude
Validée par le gouvernement le 20 mai 2026, cette réforme supprime les bonifications pour pénibilité dans la fonction publique et abolit la mise à la pension anticipée pour inaptitude physique. Désormais, les agents publics déclarés inaptes par la médecine du travail ne perçoivent plus de pension, mais sont reclassés à la mutuelle avec des indemnités de maladie réduites.
Les ouvriers de la voirie, les égoutiers, les chauffeurs de bus ou les gardiens de prison sont contraints de travailler jusqu’à 66 ou 67 ans sous peine de subir un malus maximal. Les personnes usées par le travail paient cher cette suppression. La Sécurité sociale fédérale réalise une réduction directe de ses versements de retraite sur le dos des agents malades.
Source : Quels sont les plans du gouvernement Arizona pour nos pensions, PTB
675 millions de coupes à la SNCB et ouverture à la concurrence du rail
Initiée par un plan d’économies le 15 janvier 2026 et prolongée le 21 juillet 2026 par le cadre légal de libéralisation, cette politique sabre 675 millions d’euros dans la dotation ferroviaire. La SNCB supporte 60 % de la baisse de 100 millions imposée dès 2026. L’Arizona prépare l’ouverture à la concurrence des lignes de voyageurs dès 2033, menaçant la présence des guichets dans les gares secondaires comme à Ath.
Les navetteurs, les étudiants et les travailleurs subissent la fermeture des guichets, la baisse des fréquences de train et la suppression de postes de cheminots. À l’inverse, les compagnies ferroviaires privées lorgnent sur les lignes les plus rentables pour privatiser les bénéfices. Ce démantèlement dégrade directement le service public des transports au détriment des usagers quotidiens.
Source : Arizona : au moins 675 millions en moins pour le Groupe SNCB, Le Soir ; La SNCB supportera 60 % des 100 millions d’économies, Le Soir ; L’Arizona lance le mode d’emploi pour libéraliser le rail belge dès 2033, Le Soir
4,5 milliards prélevés sur la Sécurité sociale : 46 % de l’austérité pèse sur la Secu
Publié le 23 juillet 2026 dans le rapport de suivi budgétaire, le bilan de l’assainissement fédéral de 10 milliards d’euros confirme que 46 % du total des économies, soit plus de 4,5 milliards d’euros, sont prélevés sur la Sécurité sociale. Ce prélèvement affaiblit les piliers essentiels que sont l’assurance maladie, le chômage, les allocations familiales et les pensions.
L’ensemble des citoyens dépendants des prestations sociales subissent un net effritement de leur protection sociale et de leurs droits au quotidien. Le Trésor fédéral réalise ces coupes pour se conformer aux exigences de réduction des déficits imposées par les autorités européennes. La solidarité nationale est amputée pour satisfaire des critères comptables au détriment des travailleurs.
Source : Près de la moitié des économies de l’Arizona portent sur la sécurité sociale, Le Soir ; Près de la moitié des économies de l’Arizona portent sur la sécurité sociale, La Libre
Face au déficit de 12 milliards, le conclave préserve le capital et durcit l’austérité
Lors du conclave budgétaire d’octobre 2026, le gouvernement prend acte de la confirmation par la Cour des comptes d’un dérapage budgétaire atteignant 12 milliards d’euros d’ici 2029. Face à cette impasse financière, l’exécutif réaffirme son refus d’imposer le capital, les surprofits bancaires ou les sociétés holdings. Pour équilibrer les comptes, le gouvernement programme de nouvelles coupes sombres de 1,6 milliard d’euros dans les dépenses de l’administration et des services publics fédéraux.
Les détenteurs de gros capitaux et grandes fortunes conservent l’intégralité de leurs avantages fiscaux sans participer au redressement national. Le refus de mettre à contribution les hauts patrimoines aggrave le déficit public et la dette de l’État. La facture du dérapage est transférée sur les citoyens à travers la détérioration des services essentiels comme la justice, la sécurité et les transports.
60 000 manifestants au conclave budgétaire : ultimatum avant la grève générale
Le 9 octobre 2026, alors que le gouvernement Arizona négociait le budget 2027 au château de Val Duchesse, plus de 60 000 personnes ont défilé dans la capitale. Répondant à l’appel de la FGTB et de la CSC, les manifestants ont dénoncé les nouvelles menaces de coupes dans les soins de santé, les allocations de chômage et la fonction publique.
Les syndicats ont adressé un avertissement direct au Premier ministre Bart De Wever pour stopper la casse sociale, posant un ultimatum avant un plan d’action pouvant mener à la grève générale. Cette pression populaire massive perturbe les négociations budgétaires du gouvernement et affirme la force collective des travailleurs face à la rigueur.
Source : La FGTB et la CSC annoncent une manifestation le 9 octobre à Bruxelles : un premier avertissement clair au gouvernement, RTBF ; Une nouvelle manifestation nationale en plein conclave budgétaire, Le Soir
Les journées de résistance figurent en vert dans la chronologie, des premières mobilisations contre le programme Arizona en novembre 2024 aux manifestations nationales de l’automne 2026. Ces dix-neuf mois de lutte syndicale, racontés par le PTB, s’inscrivent dans une période de mobilisations sans précédent, avec la grande manifestation pour le climat et les mobilisations massives pour la Palestine. La page est complétée chaque semaine : chaque nouvelle mesure de la coalition Arizona qui touche les travailleurs ou sert les patrimoines y rejoint la liste. Les 38 mesures recensées couvrent la période du 3 février 2025 au 15 octobre 2026. Dernière mise à jour : 16 octobre 2026.