7j/7, annualisation : ils appellent ça de la flexibilité. C’est du vol.
Les commerces ouverts 7j/7 jusqu’à 21h
En théorie ça semble pratique pour le client. Mais en pratique :
Le patron peut maintenant t’imposer de travailler le dimanche, le soir, les jours fériés — sans supplément automatique. Aujourd’hui ces heures sont mieux payées (parfois +100%). Demain, ça devient “normal” et ça disparaît du salaire.
Le petit commerce indépendant, lui, sera forcé d’ouvrir autant que la grande surface sinon il perd des clients. Résultat : il ferme. Les grandes chaînes gagnent, les petits meurent.
Et la vie de famille ? Les crèches, les écoles, les activités des enfants — tout ça est organisé sur des horaires “normaux”. Travailler le dimanche soir, c’est ne plus voir ses gosses le week-end.
L’annualisation du temps de travail
Aujourd’hui si tu travailles 38h/semaine, tu fais 38h toutes les semaines. L’annualisation dit : “en moyenne sur l’année”. Ça veut dire que le patron peut t’imposer 50h en décembre et 20h en janvier.
Problème : quand tu fais 50h, tu n’es pas payé en heures sup. C’est “dans la moyenne”. Donc les heures sup disparaissent comme par magie.
Et toi ? Tu ne peux pas planifier ta vie. Garde d’enfants, deuxième job, formation… tout devient impossible parce que tu ne sais pas ton horaire 3 semaines à l’avance.
Ce sont deux mesures qui transfèrent le risque économique du patron vers le travailleur, sans compensation. Le patron gagne en flexibilité, le travailleur perd en revenus, en prévisibilité, et en vie privée.
Des travailleurs sont morts pour obtenir la journée des 8 heures
Le 1er mai 1886, Chicago. Les travailleurs américains se mettent en grève pour exiger la journée de 8 heures. Le 4 mai, place Haymarket, la police charge la foule. Une bombe explose. Des dizaines de morts, des syndicalistes pendus après un procès truqué.
Ces hommes s’appelaient August Spies, Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel. Ils ont été exécutés le 11 novembre 1887. Avant de mourir, Spies a dit :
« Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »
C’est pour eux que le 1er mai est devenu la Journée internationale des travailleurs.
En Belgique aussi
Le 18 avril 1913, grève générale pour le suffrage universel et les droits des travailleurs. Des ouvriers tombés sous les balles de la gendarmerie à Liège et en Wallonie.
Va falloir recommencer — parce que des parasites capitalistes ont trouvé les mots (“les temps ont changé”, “les travailleurs pourront mieux adapter leur vie travail-famille”) pour entuber les travailleurs.