Rubio et le néo-maccarthysme : quand criminaliser la gauche devient stratégie d’État

Le 16 juillet 2026, le secrétaire d’État américain Marco Rubio prononçait un discours devant une conférence internationale sur le terrorisme. Son message : la menace principale pour la démocratie mondiale, ce n’est plus Al-Qaeda, ni Daesh. C’est la “gauche radicale”. Analyse d’un néo-maccarthysme assumé.

Le discours de Rubio : criminaliser la gauche au nom de la sécurité

Dans son intervention du 16 juillet, Marco Rubio a explicitement désigné les mouvements “radicaux de gauche” comme la principale menace terroriste mondiale. Il a lié dans un même ensemble : organisations anti-capitalistes, mouvements pour la justice sociale, partis communistes, résistances anti-impérialistes.

La conférence réunissait notamment le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar. Ce n’est pas un hasard. C’est une convergence stratégique : qualifier de “terroristes” tous ceux qui s’opposent aux politiques de Tel Aviv, de Washington, ou de leurs alliés.

Cette rhétorique n’est pas nouvelle. Elle reprend point par point la mécanique du maccarthysme des années 1950 : créer une catégorie d’ennemis intérieurs, les associer au terrorisme, légitimer ainsi leur répression.

“Quand les dirigeants parlent de paix, il faut savoir que ce sont leurs peuples qui veulent la guerre. Quand les dirigeants parlent de danger, il faut savoir qu’ils ont peur de leur propre peuple.” — Bertolt Brecht

Le parallèle belge : Francken, Bouchez et la même musique

Ce discours américain trouve immédiatement des relais en Belgique. Theo Francken dépose une proposition de loi visant à interdire les organisations “d’extrême gauche”. Georges-Louis Bouchez qualifie régulièrement le PTB de “danger pour la démocratie”. La ministre Quintin cherche à restreindre le droit de grève.

La stratégie est identique : ne pas débattre des idées, mais criminaliser ceux qui les portent. Quand on ne peut pas réfuter que le capitalisme engendre des inégalités massives, on traite ceux qui le disent de “radicaux”, d'”extrémistes”, de “menaces pour la sécurité”.

C’est le signe d’un système qui a peur. Pas des terroristes. De sa propre population qui commence à poser des questions.

Ce que cette rhétorique cache

Pendant qu’on désigne la gauche comme menace terroriste :

  • Les inégalités de richesse atteignent des niveaux historiques
  • La fraude fiscale des grandes fortunes coûte des milliards aux États
  • Le changement climatique progresse sans action suffisante des États
  • Les guerres se multiplient, alimentées par le commerce d’armes occidental

Le néo-maccarthysme a une fonction précise : détourner l’attention. Faire peur d’un ennemi imaginaire pour ne pas parler des vraies responsabilités.

Notre réponse : continuer à nommer les choses

Face à cette criminalisation, il n’y a qu’une réponse : continuer. Continuer à analyser les mécanismes du capitalisme. Continuer à défendre les travailleurs, les chômeurs, les malades. Continuer à poser les questions qui dérangent au conseil communal d’Ath comme au Parlement fédéral.

Ils peuvent nous qualifier de “radicaux”. Nous continuerons à appeler les choses par leur nom.

Thierry Despretz, conseiller communal PTB à Ath

Similar Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *