La chaleur ne tue pas si on prend des mesures.

🌡️ Pendant que le gouvernement détruit les services publics, les aînés succombent à la chaleur et les forêts partent en fumée.
Les chiffres ne mentent pas :
2003 : 749 décès supplémentaires en Belgique, principalement des plus de 65 ans.
2020 : 1.503 morts liés à la canicule d’août.
2022 : 2.291 décès supplémentaires sur l’ensemble de l’été.
Juin 2026 : selon Sciensano, plus de 2.000 décès en quelques jours. La Wallonie paie le prix le plus lourd : surmortalité de 77%, soit 1.059 morts. Le 27 juin, le 112 a reçu 19.321 appels en une seule journée, record absolu depuis le Covid.
La réponse des autorités fédérales ? Une réunion de crise le 23 juin avec pour seules recommandations : boire de l’eau, mettre un chapeau, rester à l’ombre.
530 des victimes de 2026 avaient 85 ans ou plus. Seules. Sans aide. Sans plan de crise.
Et pourtant, ces morts ne font pas de bruit. Parce que les médias ont d’autres priorités. Parce que les intérêts économiques minimisent l’impact. Parce que mourir de chaud dans une maison de repos mal ventilée, ça ne fait pas la une. Les tragédies qui n’affectent pas les centres de pouvoir restent invisibles, et cette invisibilité n’est pas accidentelle. Elle est entretenue.
Ce n’est pas une fatalité. C’est un choix politique.
Dans un système qui mesure la valeur d’une personne à sa productivité économique, les personnes âgées, les malades, les plus fragiles sont perçus comme un coût, pas comme des êtres humains à protéger. Les soins de santé étranglés par l’austérité, les maisons de repos sous-financées, les CPAS à bout de souffle : voilà le résultat concret de quarante ans de choix budgétaires assumés.
Pendant ce temps, les dividendes ne connaissent pas la canicule.
Mais Dirk Van Duppen avait raison sur un point essentiel : l’être humain n’est pas naturellement un loup pour l’homme. Cette idée est une construction. Une justification idéologique fabriquée par ceux qui profitent d’un système basé sur la compétition plutôt que sur la solidarité. La coopération, l’entraide, le soin des plus vulnérables : ce sont ces valeurs qui ont construit les communautés humaines depuis des millénaires. Ce sont elles qu’on détruit méthodiquement depuis quarante ans.
Et pendant qu’on démantèle les filets de protection sociale, les incendies ravagent nos forêts. Les climatologues alertent. Les scientifiques documentent. Les politiques haussent les épaules.
La chaleur ne tue pas si on met au frais. L’abandon tue.
Et cet abandon, cette indifférence ont un auteur : des décennies de politiques qui ont choisi les profits plutôt que la planète, les dividendes plutôt que la dignité, le marché plutôt que les êtres humains.
Ce n’est pas une fatalité. C’est un choix. Et les choix peuvent changer, si on arrête de croire que c’est la nature humaine qui est en cause, et qu’on désigne clairement le système qui l’impose.
Thierry Despretz, conseiller communal PTB Ath